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Bonjour,

Me voici de retour, avec des billets en retard. Aujourd’hui, je continue avec Vermillon et l’anecdote autour de ce poème. Ainsi vous aurez un aperçu des relations entre Paul Veyne et René Char.

Artine.

Je vous laisse avec Paul Veyne :

 

" Un jour ne fut pas comme les autres. J’avais jeté mon dévolu sur Vermillon, réponse à un peintre (…)

 

« Qu’elle vienne maîtresse, à ta marche inclinée,

Ou qu’elle appelle de la brume du bois … »

 

 

L’Appel, la Rencontre de la Beauté sont des thèmes si fréquents chez Char que je n’hésitais pas à saluer, dans cette « maîtresse », l’Amante céleste (…) Or René prit la parole et parla positivement : « Mais qu’êtes-vous allé chercher là ? Il s’agit de la maîtresse de Nicolas de Staël.

  • Sans doute, lui dis-je, c’est donc là l’arrière-histoire du poème : je l’ignorais ; je me suis surtout attaché à l’autre sens, proprement poétique … »

Alors les écluses célestes s’ouvrirent :

 

« Mais c’est un monde ! Puisque je vous dis qu’il n’y a pas d’autre sens ! Vous n’allez pas mieux savoir que moi ce que mon poème veut dire ! D’accord un texte a plusieurs sens, d’accord, on peut lui trouver tous les sens qu’on veut, ou du moins ce n’est pas interdit par la loi, on n’est pas puni pour cela. Mais enfin, un texte a un sens, à la rigueur il en a deux, mais il n’a pas n’importe quel sens et il a un sens qui est meilleur que les autres. Ecoutez, je vais faire pour vous ce que je n’ai jamais fait, pas même pour une femme : je vais vous expliquer Vermillon » (il saisit sa Pléiade). « Jeanne, la maîtresse de Staël, venait le rejoindre au château de Ménerbes, où lui attendait à la marche usée, car je n’y peux rien, elle était usée et en pente ; ou bien il restait à l’attendre dans sa chambre. Ce que j’écrivais à Staël dans ce poème qui a d’abord été une lettre, c’est que sa maîtresse était toujours à lui. C’est un poème très simple auquel je n’attache pas beaucoup d’importance. Le titre désigne Staël, qui est le peintre du vermillon comme Van Gogh celui du jaune. Staël recevait dans son château sa maîtresse, qui avait un mari, pendant que sa propre femme était jalouse. (…) »

 

Voilà l’anecdote continue sur quelques pages. Je ne peux que vous inviter à ouvrir René Char en ses poèmes à la page 29 pour lire la suite.

J’imagine la joie intérieure de Paul Veyne face au maître et la colère puis l’attitude de René Char en saisissant son livre tout en continuant à faire la lecture à son interlocuteur. Prodigieux !

Pour le plaisir, une photographie de Nicolas de Staël et de René Char.

Pour le plaisir, une photographie de Nicolas de Staël et de René Char.

Tag(s) : #Poésies

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