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Paul Veyne évoque dans René Char en ses poèmes, l’homme et l’artiste que fut René, à travers ses poèmes qu’il se plaît à paraphraser, tout cela revu par le principal intéressé. Au fil des pages, cependant, le lecteur apprécie, au passage, les quelques anecdotes qui éclairent le visage de ce poète si épris de Beauté, et le rendent majestueusement humain.

Artine.

Je Vous  laisse en compagnie de Paul Veyne :

 

« (…) finie, « l’allégresse déprimante » de l’enfance, déprimante pour qui a compris la vacuité de l’entrain de vivre et le mirage qu’est l’arc-en-ciel.

 

 

Dans le parc des Névons

Un rebelle s’est joint

Au ruisseau, à l’enfant,

A leur mirage enfin

 

 

(…) désormais l’ingénuité enfantine s’était transformée en « enfance de justicier ». La Résistance et, plus largement la révolte contre le monde (…) devaient en découler. La poésie aussi, du moins dans les remords et l’autojustification du jeune poète. » (p. 55)

 

Place au Poète, maintenant :

 

Jouvence des Névons

 

Dans l’enceinte du parc, le grillon ne se tait que pour s’établir davantage.

 

Dans le parc des Névons

Ceinturé de prairies,

Un ruisseau sans talus

Nuancent leur tristesse

Et vivent mieux ainsi.

 

Dans le parc des Névons

Un rebelle s’est joint

Au ruisseau, à l’enfant,

A leur mirage enfin

 

Dans le parc des Névons

Mortel serait l’été

Sans la voix d’un grillon

Qui, par instant, se tait.

 

Les Matinaux, La Pléiade, p.302

 

René Char par MAn Ray, 1934.

René Char par MAn Ray, 1934.

Tag(s) : #Poésies

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