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Ce poème donne lieu à une belle anecdote de la part de Paul Veyne qui avait sans le savoir déclenché une tempête chez René Char ! Il faudrait que je retrouve mes notes sur cette entrevue orageuse pour Vous donner un aperçu de tempérament de René. Sacré personnage !

Artine.

 

 

Vermillon

 

      A un ami qui m’interrogeait

 

Qu’elle vienne maîtresse, à ta marche inclinée,

Ou qu’elle appelle de la brume du bois ;

Qu’en sa chambre elle soit prévenue et suivie,

Epouse à son carreau, fusée inaperçue ;

 

Sa main, fendant la mer et caressant tes doigts,

Déplace de l’été la borne invariable.

 

La tempête et la nuit font chanter, je l’entends,

Dans le fer de tes murs le galet d’Agrigente.

 

Fontainier, quel dépit de ne pouvoir tirer de son caveau mesquin

La source, notre endroit !

 

Le poème Vermillon dont la dédicace est ici « à un ami qui m’interrogeait » s’adresse à Nicolas de Staël. Cette dédicace sera transformée plus tard en « réponse à un peintre ».

(Note de marge prélevée dans l'Edition Quarto, p.704)

Nicolas de Staël, Agrigente, 1953.

Nicolas de Staël, Agrigente, 1953.

Tag(s) : #Poésies

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