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Ce poème offert, au fil des pages, à fleur de nuages, au souffle de la mémoire, des mots, de l'émotion dû à l'émergence d'une rencontre.

Artine.

Que cette journée vous soit douce.

 

Détour par le pont de bois

 

L’événement, cadeau romanesque du cœur exaspéré, avec lequel nous tâtonnons et pactisons, qui nous colorera, cerveaux brûlés, de son éloge, devra pousser à plusieurs reprises la double porte de la mémoire élective, avant d’être recueilli. Il le sera une unique fois, et avec ce pouvoir rayonnant devenu le sien.

La poésie des façons et la vérité permutable des mots n’apparaissent pas ensemble, mais s’éloignent ensemble, s’étant éprises l’une de l’autre, avec un immense retard, devant un soleil d’hiver à la bouche de pourpier sauvage ; tracteur sempiternel, cheminant sans noirceur, vêtu de jute, à l’écart de la chasse clameuse. A le voir, croirait-on qu’il s’est rapproché, et qu’il n’est plus seul à descendre le raidillon enneigé, son arc à l’épaule ? Les voici courant sur le pont de bois, à la fois rieurs et comme élargis.

Fenêtres dormantes et porte sur le toit (1973-1979), IV, Tous partis.

Edition Quarto, p. 959, La Pléiade, p. 611.

 

Photographie de Michael Kenna.

Photographie de Michael Kenna.

Tag(s) : #Poésies

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