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Anna de Noailles, Anthologie poétique et romanesque, Les classiques de poche.

 

Tu vis, je bois l'azur ... (p.205)

 

Tu vis, je bois l'azur qu'épanche ton visage,

Ton rire me nourrit comme d'un blé plus fin,

Je ne sais pas le jour, où, moins sûr et moins sage,

Tu me feras mourir de faim.

 

Solitaire, nomade et toujours étonnée;

Je n'ai pas d'avenir et je n'ai pas de toit,

J'ai peur de la maison, de l'heure et de l'année

Où je devrai souffrir de toi.

 

Même quand je te vois dans l'air qui m'environne,

Même quand tu sembles meilleur que mon cœur ne rêva,

Quelque chose de toi sans cesse m'abandonne,

Car rien qu'en vivant tu t'en vas.

 

(...)

 

Un zeste de mélancolie ce soir, certains soirs ressemblent à de longues pauses au cours desquelles le doute installé creuse le sillon des heures écoulées, des heures au goût de cendre, déjà, parfois.

Artine

Anna-Elisabeth, comtesse de Noailles par Philip Alexius de Laszlo, 1913.

Anna-Elisabeth, comtesse de Noailles par Philip Alexius de Laszlo, 1913.

Tag(s) : #Poésies

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