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Noces, suivi de L'été, MA lecture estivale!  Je redécouvre Camus à travers sa correspondance, ses romans et ses essais...  lire ses carnets devient urgent ! Voici en exclusivité quelques extraits pour vous inciter à envisager l’été autrement. La surprise est au rendez-vous. A lire les yeux fermés!

Artine

L'été, La mer au plus près.

p.172

A midi, sous un soleil assourdissant, la mer se soulève à peine, exténuée. Quand elle retombe, sur elle-même, elle fait siffler le silence.

 

 

p. 173-174

(…) Les vagues viennent de l’Est invisible, une à une, patiemment ; elles arrivent jusqu’à nous et, patiemment, repartent vers l’Ouest inconnu, une à une. Long cheminement, jamais commencé, jamais achevé… La rivière et le fleuve passent, la mer passe et demeure. C’est ainsi qu’il faudrait aimer, fidèle et fugitif. J’épouse la mer.

p. 182

A chaque vague, une promesse, toujours la même. Que dit la vague ? Si je devais mourir, entouré de montagnes froides, ignoré du monde, renié par les miens, à bout de forces enfin, la mer, au dernier moment, emplirait ma cellule, viendrait me soutenir au-dessus de moi-même et m’aider à mourir sans haine.

p. 183

L’espace et le silence pèsent d’un seul poids sur le cœur. Un brusque amour, une grande œuvre, un acte décisif, une pensée qui transfigure, à certains moments donnent la même intolérable anxiété, doublée d’un attrait irrésistible. Délicieuse angoisse d’être, proximité exquise d’un danger dont nous ne connaissons pas le nom, vivre, alors, est-ce courir à notre perte ? A nouveau, sans répit, courons à notre perte.

 

J’ai toujours eu l’impression de vivre en haute mer, menacé, au cœur d’un bonheur royal.

(1953.)

Lucien Clergue, «Nu de la mer, Les Saintes-Maries-de-la-Mer», 1957.

Lucien Clergue, «Nu de la mer, Les Saintes-Maries-de-la-Mer», 1957.

Tag(s) : #Littérature

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