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Photographie ©PhotoQuest/Getty Images (détails)

Photographie ©PhotoQuest/Getty Images (détails)

Commence un long voyage solitaire, entre une tour d'ivoire où un poète a élu domicile et son imaginaire ailé. Un voyage sans fin puisque les mots et les auteurs n'ont de cesse de chercher à comprendre le monde, les autres, malgré les élans réciproques et contradictoires. Quoi de plus stimulant que de continuer à découvrir paysages et personnes? Où trouver le point d'ancrage? Un port, une cabane, un bol de soupe? Un livre? Lequel? Plutôt stylo, carnet? Plutôt écran, clavier? Où nous mènent toutes ces routes?

Pour moi, à l'océan, à son rythme naturel ... à moi de l'accompagner, au plus juste, au plus près, en restant à la bonne distance. Sur le fil, en éternel équilibre, entre bienveillance et audace,  continuons ainsi, dans le respect de nos différences en tenant compte de l'incontournable réalité.

© Artine.

 

Quelques extraits à partager de Journaux de Voyage de mars à mi 1946, écrits par Albert Camus, Folio.

 

 

J'ai toujours été déchiré entre mon appétit des êtres, la vanité de l'agitation et le désir de me rendre égal à ces mers d'oubli, à ces silences démesurés qui sont comme l'enchantement de la mort. J'ai le goût des vanités du monde, de mes semblables, des visages, mais à côté du siècle, j'ai une règle à moi qui est la mer et tout ce qui dans ce monde lui ressemble. O douceur des nuits où toutes les étoiles oscillent et glissent au-dessus des mâts, et ce silence en moi, ce silence enfin qui me délivre de tout. (p. 44-45)

Ce passage écrit en premier car j'ai tout de suite pensé à Noces suivies de l'été où Camus évoque La mer à Djémila, déjà évoqué si ce n'est ici, ailleurs, dans un coin de ma tête!

Continuons avec d'autres extraits et savourez, comme il se doit celui qui suit! Une véritable gourmandise croquant les pires défauts humains avec un réalisme désopilant.

© Artine

Cette société en miniature est à la fois passionnante et monotone. Tous se piquent d'élégance et de savoir-vivre. Le côté chien savant. Mais quelques-uns s'ouvrent. Le fourreur X est sur le bateau. Nous apprenons ainsi qu'il a un magnifique service de porcelaine, une superbe argenterie, etc. mais qu'il se sert de copie qu'il en a fait faire, gardant enfermés les originaux. A ce qu'il m'a semblé, il a aussi une copie de femme avec qui il n'a jamais dû faire qu'une copie d'amour. (p.23)

 

A suivre... Belle soirée!

 © Artine

 

 

 

 

Tag(s) : #Littérature

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