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On ne saute pas hors du coeur...

Le recueil s'ouvre sur ces vers irrévérencieusement saisissants :

 

Prologue

 

Votre pensée

qui rêvasse sur un cerveau ramolli

tel un laquais adipeux sur une banquette graisseuse,

je l’exciterai par la loque ensanglantée du cœur

me moquant tout mon soûl, insolent et caustique.

 

Vladimir Maïakovski, Le nuage en pantalon, p. 23, Le Temps des Cerises, 2011.

(traduction de Charles Dobzynski)

Une découverte époustouflante. A la lecture de ce recueil, j'ai cru me trouver en face d'un corps robuste et plein de vie, volontaire et audacieux. Un véritable ouragan associé à une bouffée de tendresse sauvage. Quelle fougue! Prenez garde à vous, installez-vous, arrimez-vous et dégustez!

Artine

 

Les gens reniflent -

ça sent le brûlé !

On va au-devant de ceux qui accourent

étincelants,

caqués!

Inutiles, les grandes bottes!

Dites aux pompiers

que dans un cœur en feu on grimpe chaussé de caresses.

Moi-même au-dehors je roulerai

Les tonneaux de mes yeux remplis de larmes

Laissez-moi prendre appui sur mes côtes.

Je vais sauter! Sauter! Sauter!

Tout s'écroule.

On ne saute pas hors du cœur!

 

Vladimir Maïakovski, Le nuage en pantalon, p. 47, Le Temps des Cerises, 2011.

~~(traduction de Charles Dobzynski)

Moi,

bouche d’or,

dont chaque mot génère une âme neuve

et baptise le corps

je vous le dis :

la plus infime des poussières de la vie

a plus de prix que tout ce que j’ai fait

et saurai faire !

 

Vladimir Maïakovski, Le Nuage en pantalon, p. 65, Le temps des Cerises.

(traduction de Charles Dobzynski)

 

 

Chapeau bas,

Je m’avance !

 

Rien que silence.

 

L’univers dort,

Il a posé sur sa patte

Une immense oreille fourmillante d’étoiles.

 

Vladimir Maïakovski, Le nuage en pantalon, Le temps des cerises, 2011.

(traduction de Charles Dobzynski)

Tag(s) : #Poésies

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