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C’est la saint Apollinaire aujourd’hui ! Où avais-je la tête ? Pour fêter cet événement, voici Nuit rhénane.

Un poème inspiré par un savant mélange d’ivresse mêlant étroitement  la nature rhénane, l’amour et le merveilleux légendaire.

Artine.

 

 

Nuit rhénane

 

 

Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme
Écoutez la chanson lente d’un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept
femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds

  

Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n’entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées

  

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui
incantent l’été

 

Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire

Apollinaire, Alcools, 1913.

 

Illustration à la recherche de son auteur.

Illustration à la recherche de son auteur.

Tag(s) : #Poésies

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