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Voici quelques notes prises à la lecture de René Char en ses poèmes, de Paul Veyne. Un autre petit bijou pour mieux connaître « René » comme il aime à l’appeler. Il s’agit de chapitre intitulé « La nuit et l’extase » dans lequel on apprend que la nuit pour Char et pour quelques rares personnes n’est pas synonyme de sommeil mais de moments de rêves ou de moments d’extase. Et l’extrait que j’avais relevé tente de percer le mystère de l’extase charienne. Je vous laisse apprécier.

D'abord le Feuillet de Char (dont il sera question plus loin)

Artine.

 

 

 

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Paupières aux portes d’un bonheur fluide comme la chair d'un coquillage, paupières que l'œil en furie ne peut faire chavirer, paupières, combien suffisantes!

 

 

Et les réflexions lumineuses de Paul Veyne :

 

Dans René Char en ses poèmes, Paul Veyne dit que « la biographie de René a été celle d’un amoureux ». (…) René a passé par longs intervalles toute sa vie en état de passion pour la beauté, exactement comme un mystique chrétien vit dans l’amour de son Dieu. Cet état de passion est «  étau, ou plutôt une montagne d’amour qui oppresse :

Fermée comme un volet de bois,

Une extrême chance compacte

Est notre chaîne de montagne

Notre comprimante splendeur,

Dit-il à sa divine amante anonyme (A***, La Pléiade, p762). Paupières closes sur des yeux chavirés d’amour, « aux portes d’un bonheur fluide comme la chair d’un coquillage » (Feuillets d'Hypnos, 236)

L’amour induit le sentiment de la présence de l’aimée-amante, présence non visible ni localisable (l’extrême effusion sécrète une réalité à elle) ; Char dort avec sa propre adoration, devenue son amante "baignée dans le sommeil qui lave les placets » (Crésus, p44). Un état de léthargie (Artine, p.18) annonce la proximité de l’extase proprement dite.

Odilon Redon,  (1840-1916).La coquille, Musée d'Orsay.

Odilon Redon, (1840-1916).La coquille, Musée d'Orsay.

Tag(s) : #Poésies

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