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Encore et toujours plongée dans la lecture et la reproduction de Seuls demeurent. Je me régale et découvre un René Char coquin, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Le titre est déjà un pur régal : Homme/mage Hommage et Femme/mine Famine. Savoureux. Et ce petit vers "mon feu monte sous vos robes de fugue"... ;)

 

Artinement vôtre.

 

Je vous laisse en tête à tête avec ce poème. Jugez par vous-même!

Je viens d'ajouter une note car ce poème a connu une première version que je vous livre, juste après ces informations :

Le 3 janvier 1943, René Char rejoint Gilbert Lely et sa compagne à Bonnieux. Le poème « Hommage et famine » écrit le lendemain matin cristallise leur rencontre. Le 7, Char enverra à Lely la première version du manuscrit.

Note trouvée Dans l’atelier du poète, de Marie-Claude Char, Quarto Gallimard, p.344.

 

Première version :

 

Hommage et famine

 

Honneur à vous, Femme qui vous accordez avec la bouche du poète, ce torrent au limon serein.

 

(Il faisait nuit. Nous nous étions serrés sous le grand chêne de larmes. Le grillon chanta. Comment savait-il solitaire, que la terre n’allait pas mourir, que nous, les enfants sans clarté, allions bientôt parler ?)

 IL SAVAIT.

Version définitive :

 

Femme qui vous accordez avec la bouche du poète, ce torrent au limon serein, qui lui avez appris, alors qu’il n’était encore qu’une graine captive de loup anxieux, la tendresse des hauts murs polis par votre nom (hectares de Paris, entrailles de la beauté, mon feu monte sous vos robes de fugues), Femme qui dormez dans le pollen de fleurs, déposez sur son orgueil votre givre de médium illimité, afin qu’il demeure jusqu’à l’heure de la bruyère d’ossements l’homme qui pour mieux vous adorer reculait indéfiniment en vous la diane de la naissance, le poing de sa douleur, l’horizon de sa victoire.


(Il faisait nuit. Nous nous étions serrés sous le grand chêne de larmes. Le grillon chanta. Comment savait-il solitaire, que la terre n’allait pas mourir, que nous, les enfants sans clarté, allions bientôt parler ?)

Le poème Hommage et famine avant d’être intégré à L’Avant-Monde de Seuls demeurent (in Fureur et mystère) a été publié dans la revue Fontaine, dans sa version définitive.

Information trouvée  Dans l’atelier du poète, de Marie-Claude Char, Quarto Gallimard, p.395.

 

Tag(s) : #Poésies

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