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Mais le Vendredi réserve plein de mystères et de surprises, également.

@ Artine.

 

A la mystérieuse.

 

J'ai tant rêvé de toi
que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant et de baiser
sur cette
bouche la naissance de la voix qui m'est chère?

J'ai tant rêvé de toi
que mes bras habitués en étreignant ton ombre
à se croiser sur ma poitrine
ne se plieraient pas au contour de
ton corps, peut-être.
Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante et
me gouverne depuis des jours et des années,
je deviendrais une ombre sans doute.
O balances sentimentales.


J'ai tant rêvé de toi
qu'il n'est plus temps sans doute que je m'éveille.
Je dors debout, le corps exposé à toutes les apparences de la vie
et de l'amour et toi, la seule qui compte aujourd'hui pour moi,
je pourrais moins toucher ton front et
tes lèvres
que les premières lèvres et le premier front venu.

J'ai tant rêvé de toi,
tant marché, parlé, couché avec ton fantôme
qu'il ne me reste plus peut-être, et pourtant,
qu'à être fantôme parmi les fantômes et
plus ombre cent fois que l'ombre qui se promène et
se promènera allégrement sur le cadran solaire de
ta vie.

Robert Desnos (1900 - 1945), Corps et biens.

Irving Ramsey Wiles (1861-1948), The sonata, Oil Painting, 1889.

Irving Ramsey Wiles (1861-1948), The sonata, Oil Painting, 1889.

Tag(s) : #Poésies

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